Comptes étrangers non déclarés
Domaine d'expertise

Comptes étrangers non déclarés :
régularisation et contentieux

Précisions et réserves — mise à jour 2026 :

L'obligation déclarative s'étend aux comptes bancaires étrangers (art. 1649 A CGI), aux contrats de capitalisation et d'assurance-vie souscrits hors de France (art. 1649 AA CGI) et aux comptes d'actifs numériques étrangers (art. 1649 bis C CGI) ; elle existe même en l'absence de revenus, de mouvement ou de solde significatif.

En bref

Les obligations déclaratives internationales relèvent de quatre régimes distincts. Les comptes bancaires ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger relèvent de l'article 1649 A du CGI. Les contrats de capitalisation ou placements de même nature souscrits hors de France relèvent de l'article 1649 AA du CGI. Les portefeuilles ou comptes d'actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos auprès d'entités établies à l'étranger relèvent de l'article 1649 bis C du CGI. Les trusts relevant de la fiscalité française font l'objet d'un régime déclaratif spécifique prévu à l'article 1649 AB du CGI. Le défaut de déclaration est sanctionné différemment selon la catégorie d'actif : 1 500 € par compte bancaire et par an au titre de l'article 1736 IV du CGI (10 000 € lorsque l'obligation déclarative concerne un État ou territoire n'ayant pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative permettant l'accès aux renseignements bancaires) ; amende au titre de l'article 1766 du CGI pour les contrats de capitalisation relevant de l'article 1649 AA ; 750 € par compte d'actifs numériques non déclaré au titre de l'article 1736 X du CGI (1 500 € si la valeur excède 50 000 €) ; amende de 20 000 € ou, si ce montant est plus élevé, 12,5 % des biens, droits et produits capitalisés du trust au titre de l'article 1736 IV bis du CGI. Des majorations de 40 % (manquement délibéré, art. 1729 a) ou 80 % (manœuvres frauduleuses, art. 1729 c) s'appliquent sur les droits éludés selon les circonstances, avec un délai de reprise pouvant être porté à dix ans en cas d'inobservation des obligations déclaratives prévues aux articles 1649 A, 1649 AA et 1649 AB du CGI (art. L. 169 LPF), étant précisé que, pour les comptes bancaires relevant de l'article 1649 A, le délai décennal n'est applicable que lorsque le total des soldes créditeurs des comptes a dépassé 50 000 € à un moment quelconque de l'année concernée (LPF art. L. 169 al. 5, modifié par la loi n° 2018-898 du 23 octobre 2018, art. 9 ; BOFiP BOI-CF-PGR-10-50). En deçà, le délai de droit commun de trois ans demeure applicable. Le texte limite par ailleurs cette prorogation aux revenus ou bénéfices afférents aux obligations déclaratives non respectées et aux impositions correspondantes. La régularisation spontanée, accompagnée par un avocat fiscaliste, peut permettre, selon les faits et avant tout contrôle, de mieux maîtriser l'exposition fiscale, financière et pénale, sans amnistie ni réduction automatique des pénalités.

Art. 1649 A du CGI

Obligation déclarative, sanctions
et procédure de régularisation

Le Code général des impôts impose quatre obligations déclaratives distinctes pour les avoirs détenus à l'étranger : l'article 1649 A pour les comptes bancaires, l'article 1649 AA pour les contrats de capitalisation ou placements de même nature souscrits hors de France, l'article 1649 bis C pour les portefeuilles ou comptes d'actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos auprès d'entités établies à l'étranger, et l'article 1649 AB pour les trusts relevant de la fiscalité française. Le défaut de déclaration expose le contribuable à des sanctions qui varient selon la catégorie d'actif : amende de 1 500 € par compte bancaire et par an (10 000 € lorsque l'État ou territoire concerné n'a pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative permettant l'accès aux renseignements bancaires) au titre de l'art. 1736 IV CGI pour les comptes relevant de l'article 1649 A ; amende au titre de l'art. 1766 CGI pour les contrats de capitalisation relevant de l'article 1649 AA ; amende de 750 € par compte d'actifs numériques (1 500 € si valeur > 50 000 €) au titre de l'art. 1736 X CGI pour les comptes relevant de l'article 1649 bis C ; 20 000 € ou, si ce montant est plus élevé, 12,5 % des biens, droits et produits capitalisés du trust au titre de l'art. 1736 IV bis CGI. Des majorations de 40 % à 80 % sur les droits éludés et un délai de reprise pouvant être porté à dix ans (art. L. 169 al. 5 LPF) peuvent s'appliquer ; en matière de comptes bancaires (art. 1649 A), la prorogation décennale n'est toutefois ouverte que lorsque le total des soldes créditeurs des comptes étrangers à déclarer a excédé 50 000 € à un moment quelconque de l'année (LPF art. L. 169 al. 5 in fine ; BOFiP BOI-CF-PGR-10-50). L'échange automatique d'informations financières (norme CRS/OCDE, directive DAC) renforce très fortement les capacités de détection et de recoupement de l'administration.

Me Jonathan Sémon conduit lui-même l'analyse de l'exposition, la constitution du dossier documentaire, le dialogue avec l'administration et, le cas échéant, la défense en cas de contrôle fiscal. Cette continuité entre la régularisation spontanée et le contentieux éventuel assure la continuité de la position adoptée, notamment lorsque la situation implique des questions de résidence fiscale ou d'expatriation.

Les obligations déclaratives

Article 1649 A du CGI : Les personnes physiques domiciliées en France doivent déclarer, lors du dépôt de leur déclaration annuelle de revenus, les références des comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger.

Article 1649 AB du CGI : Les trusts relevant du dispositif fiscal français font l'objet d'obligations déclaratives spécifiques lorsqu'un constituant, un bénéficiaire ou un administrateur réside en France. Lorsqu'une structure étrangère ne correspond pas clairement à la qualification de trust au sens fiscal français, une analyse distincte est nécessaire.

Article 1649 AA du CGI : Les contrats de capitalisation ou placements de même nature souscrits hors de France doivent être déclarés sur le formulaire n° 3916 bis, avec indication de l'organisme d'assurance, des références du contrat et de sa valeur de rachat au 1ᵉʳ janvier.

Les sanctions applicables

Amende par compte et par an :
1 500 € par compte non déclaré et par année de non-déclaration
10 000 € lorsque le compte est situé dans un État ou territoire n’ayant pas conclu avec la France une convention d’assistance administrative permettant l’accès aux renseignements bancaires
Ces amendes s'ajoutent aux rappels d'impôt sur les revenus non déclarés, majorés des intérêts de retard et des pénalités éventuelles.
Art. 1736 IV CGI

Sanction Montant / taux Référence
Amende par compte bancaire non déclaré1 500 € / an (10 000 € lorsque le compte est situé dans un État ou territoire n’ayant pas conclu avec la France une convention d’assistance administrative permettant l’accès aux renseignements bancaires)Art. 1736 IV CGI (art. 1649 A)
Amende — contrat de capitalisation non déclaréAmende prévue par l'art. 1766 CGIArt. 1766 CGI (art. 1649 AA)
Majoration pour manquement délibéré40 % des droits éludésArt. 1729 a CGI
Majoration pour manœuvres frauduleuses80 % des droits éludésArt. 1729 c CGI
Délai de reprise étendu10 ans (au lieu de 3 ans)Art. L. 169 LPF
Échange automatique (CRS)Transmission annuelle entre administrationsNorme OCDE CRS / dir. DAC

La démarche de régularisation

01
Analyse de l'exposition au risque
Identification des comptes, structures et contrats concernés. Évaluation des années non prescrites, du montant des avoirs et des revenus non déclarés correspondants.
02
Constitution du dossier
Rassemblement des relevés bancaires, documents justificatifs et justification de l'origine des avoirs. Calcul des impôts dus et des pénalités réductibles.
03
Dialogue avec l'administration
Présentation du dossier auprès des services fiscaux compétents selon la procédure adaptée à votre situation. Négociation des pénalités dans le cadre légal applicable.
04
Régularisation définitive
Dépôt des déclarations rectificatives, paiement des sommes dues selon l'accord obtenu. Mise en conformité de vos déclarations futures.

Pourquoi régulariser spontanément ? Une régularisation spontanée — avant toute demande de l'administration — permet généralement d'obtenir des conditions plus favorables que celles qui résulteraient d'un contrôle fiscal. Le cabinet vous aide à naviguer dans cette procédure avec méthode.

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La première consultation permet d'évaluer votre situation et les options de régularisation disponibles.

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À retenir

L'échange automatique d'informations financières entre États (CRS/OCDE) est désormais effectif pour plus de 100 pays. Les administrations fiscales ont accès à l'information. Régulariser spontanément est la solution la moins coûteuse.

Erreurs fréquentes en matière de comptes étrangers

Penser que l'échange automatique n'est pas encore effectif

Le CRS (Common Reporting Standard) est entré en vigueur en 2017 pour la France ; les premiers échanges automatiques d'informations bancaires ont débuté en septembre 2018. Plus de 100 juridictions transmettent automatiquement les informations bancaires à la France chaque année.

Attendre un contrôle fiscal pour régulariser

La régularisation spontanée est généralement plus avantageuse qu'une régularisation en cours de contrôle. Les pénalités sont réduites et la négociation avec l'administration est facilitée.

Croire qu'un compte avec un solde faible n'a pas à être déclaré

L'obligation déclarative porte sur tout compte ouvert, utilisé ou clos à l'étranger, quel que soit son solde. Un compte à zéro ou inactif doit être déclaré tant qu'il n'est pas formellement clôturé.

Régulariser votre situation
Questions fréquentes

Comptes non déclarés :
questions fréquentes

Oui, si vous êtes résident fiscal français. L'article 1649 A du CGI impose à toutes les personnes physiques domiciliées en France de déclarer les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger lors du dépôt de leur déclaration annuelle de revenus. Cette obligation s'applique quel que soit le montant des avoirs.
L'amende est de 1 500 € par compte et par année non déclarée, portée à 10 000 € lorsque l'obligation déclarative concerne un État ou territoire n'ayant pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative permettant l'accès aux renseignements bancaires (article 1736 IV du CGI). Ces amendes s'ajoutent aux rappels d'impôt sur les revenus non déclarés et aux majorations applicables.
La norme CRS (Common Reporting Standard) de l'OCDE établit un échange automatique d'informations financières entre plus de 100 juridictions, dont la France, l'Union européenne, la Suisse, les pays du Golfe (dont les EAU) et de nombreux territoires. Les administrations fiscales européennes reçoivent régulièrement des informations sur les comptes détenus par leurs résidents à l'étranger.
Oui. La régularisation reste possible tant que la prescription n'est pas acquise. Le délai de reprise peut être porté à dix ans lorsque le contribuable n'a pas respecté ses obligations déclaratives au titre des comptes bancaires (art. 1649 A), contrats de capitalisation ou placements de même nature souscrits hors de France (art. 1649 AA) ou trusts détenus à l'étranger (art. 1649 AB) — sans condition tenant à la nature coopérative ou non de l'État concerné. Pour les comptes bancaires, cette prorogation est cependant subordonnée à ce que le total des soldes créditeurs des comptes étrangers ait dépassé 50 000 € à un moment quelconque de l'année (LPF art. L. 169 al. 5 ; BOFiP BOI-CF-PGR-10-50). Elle est par ailleurs limitée aux revenus ou bénéfices afférents aux obligations déclaratives non respectées. Le cabinet analyse l'étendue des années régularisables dans votre situation.
L'amende est de 1 500 € par compte non déclaré et par année (art. 1736 IV CGI), portée à 10 000 € si le compte est situé dans un État ou territoire n'ayant pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative permettant l'accès aux renseignements bancaires. Les revenus non déclarés font l'objet de majorations de 40 % (manquement délibéré) ou 80 % (manœuvres frauduleuses), avec un délai de reprise étendu à 10 ans.
La régularisation se fait par dépôt de déclarations rectificatives (formulaire 3916) pour toutes les années non prescrites, accompagnées du calcul des droits, intérêts de retard et pénalités. Un avocat fiscaliste vérifie les périodes prescrites, calcule l'exposition et présente, le cas échéant, les éléments de bonne foi ou de coopération susceptibles d'être discutés avec l'administration. Le dépôt spontané avant contrôle peut améliorer la position du contribuable, sans réduction automatique des pénalités.

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